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[DOSSIER] : Le coffret « Universal Monsters »

A l’occasion de la sortie du coffret Blu-Ray « Universal Monsters », un petit retour sur ces huit films emblématiques s’imposait. Le coffret propose donc dans de magnifiques versions restaurées les mythiques Le Fantôme de l’Opéra, Dracula, Frankenstein, La Momie, L’Homme Invisible, La Fiancée de Frankenstein, Le Loup Garou et L’Étrange créature du lac noir, avec pour couronner le tout une pléthore de bonus passionnants. Un pur plaisir de cinéphile, indispensable pour tous les fans du genre !

En effet, ce coffret représente un âge d’or pour le cinéma fantastique. Fondé, en 1912 par Carl Laemmle, Universal Studios se met à produire des films fantastiques dès le cinéma muet et s’impose très rapidement comme « la fabrique de l’horreur ». Malgré les succès des productions muettes de Paul Leni, Wallace Worsley ou encore Erich von Strotheim, l’Universal va connaître de nombreux soucis financiers dès les années 20, incapable de rivaliser avec des géants comme la Fox ou Metro-Goldwyn-Mayer. C’est ainsi qu’en 1929, Carl Laemmle nomma responsable de la production son jeune fils de 21 ans, Carle Laemmle Jr. Alors que son père n’apprécie pas particulièrement le cinéma d’épouvante et qu’il ne croit pas en son potentiel commercial, Carl Laemmle Jr. va produire au début des années 1930 deux succès aussi triomphaux qu’inattendus : Dracula de Tod Browning et Frankenstein de James Whale. Après la crise de 1929, la comédie et la comédie musicale dominent, communiquant au spectateur une bonne humeur réconfortante, tandis que le cinéma fantastique va au contraire appuyer le malaise de la société américaine. Néanmoins, le succès des films fantastiques de l’Universal ne va pas empêcher le studio de traverser quelques crises, mais forcera les autres majors à s’attaquer au genre.

  • Le Fantôme de L’Opéra de Rupert Julian (1925)

Annex-Chaney-Sr.-Lon-Phantom-of-the-Opera-The_NRFPT_02En 1923, avec le succès de Notre Dame de Paris, Lon Chaney accède au rang de vedette du cinéma d’horreur muet. « L’homme aux mille visages » comme on le surnomme, trouvera probablement son plus grand rôle en 1925 dans le sublime Le Fantôme de l’Opéra réalisé par Rupert Julian. Adapté du roman éponyme du français Gaston Leroux, le film retrace l’histoire tragique d’un homme défiguré qui hante l’opéra de Paris, amoureux d’une jeune cantatrice. Comme pour son rôle de Quasimodo, Lon Chaney a lui-même créé son maquillage, pour livrer une nouvelle prestation saisissante. Le film marquera l’inconscient collectif et sera suivi de plusieurs nouvelles versions, en 1943 (Arthur Lubin), 1962 (Terence Fisher), 1989 (Dwight H. Little), 1998 (Dario Argento) et 2004 (Joel Schumacher).

  • Dracula de Tod Browning (1931)

dracula2Nous sommes en pleine Grande Dépression, lorsque Carl Laemmle Jr décide d’adapter au cinéma le plus célèbre des monstres. Le risque est considérable, puisque la survie du studio est en jeu. Célèbre pour des films comme Le Club des trois (1925) ou L’Inconnu (1927), Tod Browning est chargé de réaliser le film. S’il ne s’agît pas du plus grand film de son metteur en scène (Freaks le surclassera largement), Dracula reste une date incontournable dans l’histoire du cinéma fantastique américain. Tiré du livre de Bram Stoker écrit en 1897, le film s’inspire cependant plus de la pièce de théâtre de 1927, déjà avec l’effrayant Bela Lugosi dans le rôle du comte vampire. Bien que trop théâtral (dialogues assommants, peu d’inventivité dans la mise en scène), le film propose néanmoins une belle lecture du mythe du vampire, lugubre, fascinante et au charme indéniable. Le succès du film va alors encourager Universal à continuer dans cette voie, et aux autres studios de s’y engouffrer.

  • Frankenstein de James Whale (1931)

frankenstein-1931-09-g« It’s alive ! It’s alive ! » Les paroles prononcées par Henry Frankenstein (Colin Clive) résonnent toujours et le visage de la créature a laissé une trace indélébile dans nos esprits. Assez librement inspiré du roman de Mary Shelley, Frankenstein succède la même année au succès du Dracula de Tod Browning. C’est le cinéaste Robert Florey, intéressé par cette adaptation, qui décida de convaincre Carl Laemmle Jr en rédigeant un premier synopsis. Suite à des complications, le projet atterrira finalement entre les mains de James Whale, qui deviendra le cinéaste le plus important de cette nouvelle vague des « monstres Universal ». Avec dans le rôle de la créature le légendaire Boris Karloff (magnifié par le maquillage bluffant de Jack Pierce), Frankenstein va se révéler beaucoup plus ambigu qu’il n’y paraît, notamment grâce à la mise en scène de James Whale. En présentant la créature à la fois comme un monstre terrifiant et comme une victime de l’ambition démesurée d’un homme qui se compare à Dieu, James Whale réalise un film fascinant qui n’a rien perdu de sa puissance évocatrice. Le début d’une belle lancée pour Universal Pictures.

  • La Momie de Karl Freund (1932)

karloff-mummy-2-cesar-zamoraBien déterminé à conserver la domination d’Universal sur le cinéma fantastique, Carl Laemmle Jr décide de commander pour 196 000 dollars un film s’inspirant des légendes égyptiennes, mais aussi de la découverte en 1922 du tombeau de Toutânkhamon. Pour se faire, Laemmle Jr confie la mise en scène à Karl Freund, brillant directeur de la photographie sur le Metropolis de Fritz Lang et le Dracula de Tod BrowningLa maîtrise de la lumière absolument parfaite du metteur en scène allemand confère au film une atmosphère des plus inquiétantes. Suite au succès de Frankenstein un an plus tôt, le choix de confier le premier rôle à Boris Karloff se révèle lui aussi judicieux. Une nouvelle fois, le travail de maquillage de Jack Pierce fait des merveilles.

  • L’Homme Invisible de James Whale (1933)

El-hombre-invisible-2Adapté du roman The Invisible Man de H.G Wells, L’Homme Invisible s’est lui aussi imposé comme un incontournable du genre. Le filme narre la lente descente dans la folie du docteur Jack Griffin, devenu invisible suite à une expérience ratée, désespérément à la recherche d’un moyen de redevenir normal. Le charismatique Claude Rains est alors choisi pour interpréter le docteur Griffin. Inconnu à l’époque, Rains sera propulsé sur le devant de la scène suite à cette incroyable prestation (son visage n’apparaît que dans les derniers plans du film). A la réalisation, on retrouve James Whale, qui visiblement aime mettre en scène des expériences qui tournent mal. Mais contrairement à Henry Frankenstein, le personnage devient ici victime de sa propre expérience. Si la mise en scène de Whale agît brillamment comme un vecteur de multiples émotions, la pleine réussite du film réside dans les effets spéciaux de John P. Fulton. Tout simplement bluffant, le travail effectué par Fulton n’a pas pris une seule ride. Le film a engendré de nombreuses suites et remakes (Le Retour de l’homme invisible, La Femme invisible, La Vengeance de l’homme invisible…).

 

  • La Fiancée de Frankenstein de James Whale (1935)

Annex - Karloff, Boris (Bride of Frankenstein, The)_03Si les œuvres citées ci-dessus représentent des dates clés dans l’histoire du genre, le véritable chef-d’œuvre de ce coffret reste indiscutablement La Fiancée de Frankenstein. Quatre ans après le succès du premier film, le studio Universal connait quelques difficultés financières et décide de ressusciter la créature de Frankenstein (que l’on croyait morte dans l’incendie du moulin). Boris Karloff est de retour pour incarner le célèbre monstre, toujours sous la houlette de James Whale. Le film conte comment le mystérieux docteur Pretorius va proposer à Henry Frankenstein de l’aider à créer une femme pour la créature. Frankenstein refuse, mais Pretorius a réussi à capturer la créature et va le forcer à coopérer en faisant enlever sa femme. Dans le rôle de la fiancée, Elsa Lanchester livre une performance inoubliable, encore une fois bien aidée par le maquillage du génial Jack Pierce. La Fiancée de Frankenstein est une réussite majeure, qui élargit et enrichit les thèmes du film de 1931 en plongeant sa créature dans une quête d’humanité proprement bouleversante.

  • Le Loup Garou de George Waggner (1941)

The-Wolf-Man-1941En 1935, Universal avait produit un film intitulé The Werewolf of London réalisé par Stuart Walker. Le film fut un échec cuisant, et ce n’est que six ans plus tard, que George Waggner réalisera le grand film de loup garou digne du studio. Lon Chaney Jr y incarne Lawrence Talbot, qui, de retour au château familial après dix-huit ans d’absence, est soudain victime d’une malédiction suite à une morsure. L’interprétation de Chaney Jr, le maquillage remarquable de Jack Pierce et la mise en scène efficace de Waggner en font un excellent film d’horreur, mais avant tout une grande tragédie.

  • L’Étrange créature du lac noir de Jack Arnold (1954)

creature-from-the-black-lagoon-2Si tous les monstres Universal sont aujourd’hui des icônes, il en existe un qui a une connotation particulière. L’Étrange créature du lac noir rentre en production dès 1953 après la sortie du film de science-fiction Le Météore de la nuit de Jack Arnold la même année. Le producteur William Alland et le metteur en scène Jack Arnold s’associent une nouvelle fois, en s’inspirant des découvertes scientifiques de l’époque. Tourné en 3D, le film raconte la découverte du fossile d’un homme poisson, qui va pousser une expédition à s’aventurer en pleine Amazonie, sans se douter qu’une créature préhistorique les guette. Derrière ses allures de série B kitsch, le film recèle en son cœur une véritable poésie (notamment les scènes sous-marines sublimes entre la créature et Julie Adams), avant de s’achever sur une touche d’émotion assez rare dans les productions fantastiques de l’époque. Le Blu-Ray propose aussi la version 3D restaurée du film.

 Inutile de le préciser, ce magnifique coffret est absolument incontournable pour tout fan de cinéma fantastique qui se respecte. Le coffret « Universal Monsters » inclut huit somptueux Blu-Ray pour la première fois en haute définition (dont un 3D), un livret de 48 pages, huit cartes postales et plus de douze heures de bonus. Une occasion parfaite pour (re)découvrir huit films cultissimes qui ont façonné le genre, et qui continuent encore aujourd’hui à l’influencer.

 

About Vince (33 Articles)
Fondateur de Mauvaise Lune, fan de cinéma fantastique atteint de cinéphagie aiguë depuis le plus jeune âge. Mes héros ? John Carpenter, Tsui Hark, Sam Raimi, Guillermo del Toro, Peter Jackson, Bong Joon-Ho...

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